Le Zohar et Aboulafia, le Baal Shem Tov et Rabbi Naḥman — compare-t-on des choses comparables ? Ḥaviva Pedaya distingue deux types irréductibles d'extase mystique, et ce qu'elle en tire change les règles du comparatisme.
Huysmans, García Márquez, Lovecraft, Platon — et Martine Chifflot. Pourquoi aucune catégorie disponible ne suffit, et ce que l'anatopie révèle du réel : elle est plus réaliste que le roman réaliste.
Voyage en Ouralie, une exploration de la réalité du Mal. Pierre-Henri Murcia lit le roman de Martine Chifflot : un combat eschatologique, une théologie de l'incarnation, et le mystère de l'anatopie.
Martine Chifflot a inventé un genre — le roman anatopique — et lui a donné une définition précise : ni utopie, ni dystopie, mais analogon différentiel de notre monde. C'est plus qu'une étiquette de genre. C'est une position épistémologique.
En 1806, Rabbi Naḥman de Breslev abandonne l'homilétique et commence à raconter des contes. Ḥaviva Pedaya lit dans ce basculement une réponse au trauma — et une intelligence de la souffrance humaine qui mérite d'être prise au sérieux par quiconque travaille sur ces questions aujourd'hui.
Et si le trauma n'était pas une cause — si c'était une condition ? Ḥaviva Pedaya soutient une thèse déstabilisante : le trauma précède tout événement. Isaac Louria, René Thom et les neurosciences convergent sur la même structure.
Ḥaviva Pedaya, Prix Gershom Scholem 2018, enfin en français. 560 pages qui dégagent les strates de la mystique juive confisquée — et font apparaître, sans le forcer, un parallèle structurel avec la psychanalyse du XXe siècle.
Le poète Brahim Saci, à Diaspora DZ, consacre une longue recension au roman de Pierre-Henri Murcia. Une lecture qui en remonte la mécanique profonde — et qui apporte une perspective que la critique domestique n'aurait pas su formuler.